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interview France-Antilles Magazine : 10-16 dec. 2005

 

Sabine Andrivon-Milton est docteur en histoire contemporaine et spécialiste de l’histoire militaire antillaise, elle sort chez l’Harmattan, « La Martinique et la grande guerre ». Une histoire passionnante des Antilles-Guyane en général – de la Martinique en particulier – et leur rapport à la première guerre mondiale. Un livre de plus de 400 pages où l’on apprend, beaucoup, beaucoup de choses !

  « Un homme sur cinq ne reviendra pas du front ! »

« La Martinique et la grande guerre » est le résumé de votre thèse…

 Sabine Andrivon-Milton : Une thèse que j’ai soutenue en décembre 2003 sous la direction de feu Lucien René Abenon, un historien formidable. Cette version est une version certes grand public. C’est ma thèse réécrite mais qui reste néanmoins très scientifique. Je veux dire par là que j’ai gardé toutes les références utiles pour comprendre l’ensemble du problème et je n’ai pas hésité à faire des annexes très riches. 

Comment vous est venue cette idée : travailler sur les Martiniquais et les guerres ?

Sabine Andrivon-Milton : Quand j’étais en maîtrise, le hasard de mes lectures m’a amenée sur la guerre du Mexique et le rôle prépondérant joué par les forces martiniquaises. Je me suis demandée tout naturellement, ensuite, comment les Martiniquais avaient réagi devant le premier conflit mondial !

Comment ont-il réagi ?

Sabine Andrivon-Milton : L’histoire est longue et compliquée ! Mais la Martinique a payé un lourd tribut… Il faut souligner que le service militaire n’existait pas. Il sera instauré seulement en 1913. Jusque-là les propriétaires terriens s’y opposaient farouchement, car ne voulant pas perdre la main d’œuvre de base et ne voulant pas armer les Noirs…

Mais les hommes politiques forceront le débat. Les politiques voulant que les Martiniquais deviennent des Français à part en entière et pour eux, cela passe par le service militaire et l’engagement dans la guerre.

Les Martiniquais  seront-ils nombreux à partir ?

Sabine Andrivon-Milton : C’est quand même 10 % de la population qui partira. Soit à peu près 8 000 hommes âgés de 18 à 35 ans sur 184 000 habitants au total. Un sur cinq ne reviendra pas… Mort au combat. La Martinique devra pourtant attendre 1946 pour devenir un département. Les politiques croyaient que ça se ferait bien plus vite !

La Martinique reste une base stratégique…

Sabine Andrivon-Milton ! C’est historique et aujourd’hui encore, la Martinique reste la base des Antilles-Guyane. Depuis toujours le commandement en chef est basé ici. Les Guadeloupéens et les Guyanais rejoignaient donc la Martinique pour embarquer ensuite vers la France hexagonale.

Une Guerre qui va avoir de nombreuses conséquences…

Sabine Andrivon-Milton : positives et négatives par exemple en boostant l’économie. Comme nous livrerons du sucre et du rhum en quantité incroyable, on verra de nombreuses distilleries naître. C’est le plein emploi. Le contrepoids, c’est l’écroulement de cette économie quand l’armistice est signé.

On ne peut malheureusement pas parler de tout mais votre livre est passionnant… Quels sont vos projets maintenant ?

Sabine Andrivon-Milton : Historiques… Je me tourne vers la guerre de 1870, celle que l’on nomme la guerre de prusse. Pourquoi les Martiniquais ont-ils été moins nombreux à se lancer dans cette guerre-là que dans celle du Mexique ? Une question qui me taraude et à laquelle je voudrais apporter  une réponse.

  Propos recueillis par Sandrine de S.N

« La Martinique et la grande guerre », par  le docteur Sabine Andrivon-Milton, aux éditions l’Harmattan. 406 pages, 32 €.  

France-Antilles Magazine : 10-16 dec. 2005

2 Réponses à “interview France-Antilles Magazine : 10-16 dec. 2005”

  1. ePEgtjcYCOfirz dit :

    sDucBdPNETYr

  2. azqhFxOvXUANPK dit :

    ukGqmnvwarZ

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