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5 février 2009, début de la grève générale en Martinique

participation à la grève du 16 février

 Bonjour,

Ce matin, je me suis levée et je me suis mise à écrire cet article car il vient de mon cœur. Il dit ce que je pense et que je ressens de cette grève et je tenais à partager mes impressions avec mes compatriotes. C’est la Martiniquaise, la mère de famille, l’enseignante et l’historienne que je suis, qui écrit. Il fallait que je le fasse. C’était comme une pulsion.

Il a été réalisé sans dico sans relecture car je voulais qu’il transcrive ma pensée profonde. Plusieurs relectures m’auraient fait changer des choses.

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La crise que nous traversons en ce moment était prévisible. Depuis longtemps, les conversations ne tournaient qu’autour de l’augmentation des prix. On a vu monter la grogne de la population mais comme dans toutes les crises on a été surpris de l’ampleur de la réaction du peuple. Il fallait que cela éclate car la population souffrait et s’appauvrissait. La situation est la même en France hexagonale où l’on réclame l’augmentation du pouvoir d’achat mais notre cas dans les DOM est encore plus critique car en plus de cette revendication, nous devons faire face à des prix prohibitifs qui ne font que diminuer notre pouvoir d’achat. Trop c’est trop. Il fallait que cela éclate. On ne pouvait plus se contenter de constater que le nombre de personnes qui font appel à la banque alimentaire augmente, que les retraités n’arrivent pas à « joindre les deux bouts », que les dossiers de surendettement se multiplient, que les salaires n’évoluent pas, que la société martiniquaise se paupérise… Il fallait réagir. Comme toutes les crises, il fallait un détonateur et celui ci-est venu de la Guyane et de la Guadeloupe. Maintenant que la crise est là, on recherche des responsables et on se demande pourquoi l’Etat a laissé faire aux Antilles ? Pourquoi l’Etat n’a pas réagit alors qu’il savait que certains prix étaient dix fois plus élevé qu’en France ? Pourquoi n’a-t-il pas cherché à justifier ces différences de prix ? Pourquoi n’y avait-il pas de contrôle de prix ? Beaucoup de questions qui restent sans réponse car jusqu’à présent le peuple martiniquais souffrait en silence et ne disait rien à haute voix. Il achetait et payait. Aujourd’hui, il dit assez. Assez de cette exploitation effrénée. Le peuple veut vivre dignement. Il ne demande pas une augmentation des allocations de toutes sortes. Il réclame la possibilité pour tout un chacun de pourvoir avec son salaire faire vivre dignement sa famille. On ne se bat ces jours-ci pour obtenir plus d’aides de l’Etat. Nous n’avons pas la main tendue vers la France. On se bat pour que la vie en Martinique soit meilleure pour nous et surtout pour nos enfants demain. Car si on ne réagit pas que se passera t-il ? Si les prix augmentent autant et que nous ne pouvons plus subvenir à nos besoins, que se passera-t-il ? Les jeunes partiront. Nous assisterons à la fuite de notre jeunesse vers des pays qui offrent de meilleures conditions de vie. Le comité du 5 février a obtenu une diminution de 20% des prix de 100 articles entrant dans le panier de la ménagère. Cette mesure est bonne mais elle ne résoudra pas les problèmes de la société. Il faut revoir tout le système et les organisations professionnelles l’ont compris. C’est le moment de réclamer une amélioration des conditions de travail. C’est le moment de faire entendre notre voix, de montrer notre souffrance, de nous battre. Nous n’aurons pas d’aussitôt une occasion de nous faire entendre en si grand nombre. C’est pour cela que nous devons prendre conscience que nous sommes entrain de vivre un moment historique. Il faut l’expliquer aux enfants. Leur faire prendre conscience que nous ne sommes pas en vacances. Leur dire clairement que cette grève générale est faite pour que demain, ils vivent mieux. Il faut que cette grève soit gravée dans leur mémoire même si elle entraîne des perturbations dans la vie de tout un chacun. Mais peut-ton réaliser une omelette sans casser des œufs ??? Car tout le monde est concerné par la vie chère excepté ceux qui profitent de la situation pour s’enrichir. Mais cela a toujours et va toujours exister. Notre société va mal. Elle s’appauvrit et cela est aussi valable pour la classe moyenne qui ne dispose pas des aides de l’état. Cette classe moyenne qui est toujours au dessus du plafond et qui doit payer tout : cantine plus cher, centre aéré plus cher et qui pourtant est déjà solidaire à travers ses impôts. Certes elle va bénéficier de la baisse des prix des produits de première nécessité, mais après ? Qu’est-ce qui est fait pour elle ? L’augmentation des salaires réclamée par le collectif ne la concernera pas. C’est pour cela qu’il faut aussi obtenir une diminution du coût des services et profiter de cette crise pour revendiquer de meilleures conditions de travail.  Cette crise ressemble, à une échelle amoindrie, à celle que l’Allemagne a traversé dans l’entre deux guerre mais avec ses particularités locales. Elle aurait put éclater dans n’importe quelle région de France mais elle a débuté dans les DOM car nous devons en plus nous battre contre les prix. Espérons que nous trouverons des solutions qui puissent satisfaire les uns et les autres. Il ne faut surtout pas que la montagne accouche d’une souris. Nous vivons un moment historique qui doit déboucher sur des mesures historiques.  Sabine ANDRIVON-MILTON, le 11 février 2009

cet article a été publié dans le France-Antilles du vendredi 13 février 2009.

GREVE GENERALE EN MARTINIQUE
Album : GREVE GENERALE EN MARTINIQUE
Quelques photos prises lors de la 3e manifestation le 16 février à Fort-de-France.
4 images
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Quelques réactions reçues sur ma boite personnelle

Bonjour Sabine,Tu me donnes là l’oppotunité de partager  quelques pensées ou réflexions quant à cette grève générale. Oui nous vivons un moment hstorique de notre pays. Oui nous réclamons le droit de sortir d’un système, détenu par un groupuscule, qui nous écrase de plus en plus depuis 150 ans. Oui nous réclamons le droit DE VIVRE MIEUX. C’est un GRAND rendez-vous du peuple Martiniquais avec LUI-MEME. Mais, en a-t-il conscience? Ceux qui négocient en notre nom ont-ils conscience que ces moments de l’histoire sont si rares qu’il ne faut pas les rater sous le prétexte de consensus rapides? Les problèmes de nos régions sont plus épais que le pouvoir d’achat et la revalorisation des petits salaires. Il faut construire une nouvelle Martinique avec un nouveau systême où chacun se reconnait et se sent à l’aise identitairement, socialement et économiquement, de façon à laisser un vrai pays en héritage à notre jeunesse. C’est le moment d’en parler. Je le répète: les occasions de faire entendre la voix du peuple (et des élus qui le représentent) si sont rares qu’il faut en profiter. Attention à la division!!! Attention aux tentations!!! Attention à la précipitation qui peut venir d’un manque de préparation, de concertation. Soyons tous de Grands Martiniquais TRES VIGILANTS et RESPONSABLES pour que les acquis obtenus aujourd’hui ne disparaissent pas dès l’aube du jour suivant. J’espère que la montagne n’accouchera pas d’une d’une souris. Pour cela, le collectif devra prendre en compte  certaines revendications importantes qui expriment un vrai malaise d’autres franges de la population. Il y va de la construction de cette nouvelle Martinique. Il faut absolument prendre le temps de négocier. Et le peuple doit accepter de souffir un petit moment encore pour mieux vivre demain grâce à des mesures qui devront être, comme tu l’as si bien dit, HISTORIQUES.

RAOUL

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Je crois que nous avons tous besoin de nous exprimer. Nous sommes conscients des injustices de notre société, C’est un senpiternel recommencement. Pourquoi tant de laxisme peuple Martiniquais ? Oui C’est la crise ! Et même dans les DOM qui pour un grand nombre n’est autre que soleil et cocotier ! Mais peut-on leur en vouloir ? C’est l’image que véhiculent nos représentants touristiques !

Une grève néanmoins mal organisée ! Mais peut-on organiser ce qui vient du cœur ? Tous, MARTINIQUAIS nous devons nous battre. Il faut reconnaître que notre peuple n’a pas véritablement  un tempérament de battants, je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Est-ce dû à notre histoire si douloureuse ?

Oui nous devons être solidaires ! Notre solidarité passe par :

-     LES JOURNALISTES qui doivent montrer des images engageantes afin de faire comprendre aux uns et aux autres la portée de notre mouvement et non pas s’arrêter sur des faits médiocres qui alimentent les journaux télévisés des  médias nationaux.

-     LE COLLECTIF DU 5 FEVRIER : qui doit camper sur ses positions ou les reformuler si besoin est sans baisser les bras. 20% sur les produits de premières nécessités ce n’est pas mal, mais pas assez ! Dans ce collectif, il manque des personnes essentielles comme les mères de famille. Je suis sûre qu’elles auraient su expliquer avec leurs simples mots ce qu’elles attendent. Nous attendons une « MARIE ADEMAR ». Ne dit-on pas que nos mères sont des « poto mitan ? ». Combien de chômeurs font partis du collectif ? Combien de jeunes sans activité, sans formation ? Toutes les couches de la société devraient être représentées, ainsi nul n’aurait eu besoin de créer un nouveau collectif ! Nous montrons alors que nous sommes un peuple divisé.

-     LES POLITIQUES qui font bonne figure en manifestant dans les rues et se contentent de répondre à quelques reportages ci et là. Nous attendons davantage d’eux ! Où étaient-ils hier au conseil des ministres ? Là ils auraient pu au nom du collectif défendre nos positions. ABSENTS au rendez-vous. La crise est elle si dure qu’ils n’ont pas pu se déplacer ? Foutaises ! Tout le monde est d’accord, mais personne ne veut se mouiller et prendre position !

-           LES GERANTS DES STATIONS SERVICES qui en ce temps de crise devraient pouvoir accepter les chèques de leurs compatriotes. Eux ils détiennent l’île en otage depuis bientôt deux ans ! Personne ne dit rien, malgré les coups de gueule à tout va sur divers médias !

ENSEMBLE LUTTONS ! LUTTONS ! La Miral  Robè Pa Tué Pèsonn !

Mickaëlle

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bonjour,je suis évidemment sensible aux manifestations qui se déroulent en Guadeloupe et en Martinique. Après avoir vécu 6 ans en Guyane, on ne reste plus insensible au sort des DOM. je comprends tout à fait le ras le bol des citoyens des antilles et je trouve formidable cette mobilisation pour réclamer une amélioration des conditions de vie. savez vous que les voix s’élèvent en métropole pour suivre ce mouvement. la grève du jeudi 29 janvier n’était pas suffisante, elle n’a duré qu’un seul jour. Imaginez la France paralysée pendant 15 jours ! est-ce que les antillais obtiendront satisfaction ? ne serait-il pas plus efficace de négocier avec les supermarchés par exemple, car ce sont eux qui fixent les prix. Quand on importe des produits de france ou d’ailleurs, il y a le surcoût du transport mais il doit y avoir des intermédiaires qui se sucrent au passage. L’Etat ne peut pas tout (je ne le défends pas, loin de là), que font les élus des DOM ? Pendant les manifestations de décembre en Guyane, Karam, le président du conseil régional n’a eu de cesse de taper sur l’Etat comme s’il n’avait aucun pouvoir pour agir localement. dans ces histoires de prix exhorbitifs, il y a des intérets locaux qui dépassent le citoyen moyen et on n’y peut rien : quelques uns s’enrichissent au détriment du plus grand nombre. je comprends votre désarroi pour l’avenir de votre île, il y a encore beaucoup de ressentiment (j’ai entendu des manifestants parler d’état esclavagiste), je n’ai pas de solution, je ne peux que vous apporter mon soutien.VIRGINIE

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TROIS PROPOSITIONS CONCRETES> POUR FAIRE AVANCER LES NEGOCIATIONS>> Après plus d’une semaine de grève générale, la liste précise des revendications du collectif du 5 février n’est pas connue de  la majorité des martiniquais qui soutiennent le mouvement. L’accord de principe sur la réduction de 20% sur une centaine d’articles de première nécessité, non défini à ce jour, n’est qu’une réponse très partielle et sans doute très provisoire au problème de fond du pouvoir d’achat. Enfin, le désengagement

> de l’état sur la question de l’augmentation des salaires et la faible marge

> de manœuvre des collectivités locales et de certaines entreprises fragiles,

> laissent présager de réelles difficultés pour la suite des négociations.

> Dans ce contexte, voici trois propositions qui ne nécessitent pas de financements publics mais seulement une vraie volonté politique et qui pourrait avoir un effet bénéfique durable sur le pouvoir d’achat.

>

> 1.      Exiger

> un double affichage.Pour répondre simplement au besoin

> de transparence réclamé par tous les acteurs de la négociation. Il peut

> être décidé de rendre obligatoire le double affichage des prix dans les grandes

> surfaces. Le prix en France et le prix en Martinique, dans une même

> enseigne, pour les produits importés, le prix d’achat au producteur et le prix de

> vente pour les produits locaux. Il appartiendra au consommateur d’accepter ou

> non d’acheter les produits sur lesquels les écarts sont manifestement

> excessifs.

>

> 2.      Augmenter l’octroi de mer sur les produits de « dernière nécessité ».Pour compenser la baisse de l’octroi de mer sur les produits de première nécessité et éviter de=> dégrader les finances des communes, il semble logique d’augmenter l’octroi de mer sur les produits non indispensables, comme la hifi, les écrans plasmas, les

> voitures de plus de 100 ch. DIN et notamment les 4×4. La encore, il s’agit d’une

> mesure simple qui renvoi à la responsabilité du consommateur martiniquais, mais

> aussi à la solidarité entre « sa ki ni » et « sa ki pa ni ».

>

> 3.      Redistribuer aux salariés 1/3 des bénéfices.Au lieu d’imposer une augmentation

> de salaire de 300 € à toutes les entreprises, au risque de couler les plus

> fragiles, il semble plus juste de demander à celles qui réalisent des

> bénéfices d’en redistribuer 1/3 à leurs salariés en privilégiant les bas salaires.

> JEGO devrait être d’accord car l’idée vient de SARKOSY.

>

> Amicalement

MARIE-ANDREE 

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Bonjour Sabine !Tes réflexions sont judicieuses et me permettent de t’apporter une précision concernant les manquements de l’état.L’ordonnance du 1er décembre 1986, prise par François MITTERAND, a totalement libéré les prix en France et l’état n’a pas le droit d’intervenir (d’ou la suppression du contrôle des prix par la DGCCRF).Il faudrait maintenant voter une loi rétablissant le contrôle des prix et tu sais que cela demandera beaucoup de temps et de palabres au parlement.Nos Politiciens demandent toujours plus de pouvoir pour décider localement et ils n’ont toujours pas su gérer, alors qu’ils en ont le pouvoir, les affaires de la Martinique.

Les taxes locales exorbitantes (Octroi de mer, taxe foncière, taxe d’habitation, taxe professionnelle, taxes sur l’eau, taxes d’assainissement, taxes d’enlèvement des ordures ménagères, etc..) sont votées et gérées par eux.

S’ils décidaient de baisser sur ces taxes, je suis persuadé que l’état en ferait de même pour les autres impôts et taxes d’état.

Les prix des produits sur les marchés locaux (Fruit à Pain à 5 €uro, etc…) sont bien de chez nous.

La grande distribution s’est toujours sucrée sur notre dos. La baisse immédiate de 20% consentie le prouve et ne nous faisons pas d’illusion, ils sont encore largement bénéficiaires.

Le sujet est vaste et les réflexions ne le seront pas moins.

Nous devons nous prendre en main et faire évoluer les choses dans le bon sens (l’intérêt bien compris de la population) qui se sent à juste titre lésée, voire tondue comme des moutons au profit de certains.

C’est avec plaisir que je recevrai tes réflexions et suggestions?

A bientôt.

Jean-Claude

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Bonjour Sabine,Cette fois, je prends le TEMPS de t’écrire un petit mot  (non pas que je n’en ai pas eu ces derniers temps, mais j’ai pris la vilaine habitude de remettre à plus tard le traitement de mes mails… ce qui fait que je suis vite débordée!).

Un petit mot donc, pour te FELICITER pour ta prise de position sur la grève générale. Cet article méritait en effet d’être lu par le plus grand nombre: il reflète la pensée de la plupart d’entre nous. Je m’y suis retrouvée.


 

Je ne sais plus si c’est toi qui m’a envoyé l’article écrit par David DHOMAY, intitulé « Pouvons-nous encore espérer nous autres Antillais? », mais là aussi, j’y ai trouvé des informations qui ont éclairé ma lanterne.Je suis terriblement fière de vous, qui avez cette capacité à comprendre et à analyser les événements, les faits ou les chiffres avec le recul et le regard de l’historien, du sociologue, de l’économiste…  Dieu sait que nous comptons dans nos rangs des gens capables d’apporter aux Martiniquais, aux Guadeloupéens et aux autres aussi d’ailleurs, la « substantifique moelle » qui pourrait, cette fois-ci en tout cas, mettre NOTRE HISTOIRE dans une dynamique de changement salvateur. Parlez, écrivez, partagez vos analyses!   Christiane BAURAS, Conseillère générale du François dit qu’en ces temps où nous semblons faire notre Histoire, il ne faut pas négliger l’indispensable travail de pédagogie, qui doit mettre à portée de tous ,les éléments qui nous permettront de faire le bon choix le moment venu.

Le chantier des Etats Généraux est officiellement lancé, bien que nous n’ayons pas attendu un feu vert quelconque pour commencer à réfléchir aux fondamentaux pour notre pays (nest-ce pas?). Saisissons l’opportunité qui nous est donnée de montrer que nous sommes capables de proposer et de construire quelque chose d’autre.

Cordialement,

Karine



 

2 Réponses à “5 février 2009, début de la grève générale en Martinique”

  1. Bellance dit :

    Je partage ta vision lorsque tu qualifies cet événement d’historique.
    Je pense en effet que les manuels scolaires devront dorénavant comporter quelques chapitres traitant des bouleversements à résonance planétaire : Il y a eu le scandale des subprimes qui était le fruit de l’appât du gain, rapide de surcroit, avec les désastres que l’on connaît ; puis est arrivé la crise financière un an après environ, alors qu’avant, pendant et pour combien de tps encore, nul le sait, il y avait, il y a, il n’y aura plus (je l’espère) la crise du pouvoir d’achat qui concernait d’avantage la zone euro avant les subprimes et qui concerne désormais la planète entière depuis la déroute de la finance mondiale.

    Cette fois-ci aucun Etat n’est entré en guerre avec un autre pour parvenir à ce résultat, mais la constante est tjs la même, l’action de l’homme.
    N’imagine pas que je pense que la solution réside dans l’éradication pure et simple de l’espèce humaine, bien au contraire c’est d’elle qu’émergera l’espoir et la réalisation de ce dernier.

    Ces événements ont pour corolaire de rapprocher les individus et donc de mieux préparer les lendemains pour sa famille, pour la communauté. Qui peut demeurer insensible à la souffrance de son semblable et continuer son existence sans scrupules ?
    L’idéal commun que tant de voix réclament aux Antilles est peut-être en train de naître, car il y a fort a parier que nul n’appréciera son quotidien désormais, sans penser aux conséquences de ses actes.
    Il y a fort à parier que les profiteurs du moment goutent aux derniers instants de régime de privilèges et autres avantages qu’ils pensaient indissociables de leur condition.

    La dignité des manifestants dans cette dure épreuve est très bien vue sur le plan international et c’est de la même façon qu’il appartient au peuple des Antilles françaises de rétablir un équilibre de leur société que le temps et l’histoire n’avaient que trop longtemps maintenus instable.

    Le moment est à l’action et toutes les énergies positives, à savoir fermes dans leurs engagements et soucieuses de les mener à terme dans le respect et la dignité d’autrui, ne pourront que participer à l’élévation de l’ensemble sur tous les plans.

    Oui Sabine, je crois que nous vivons des moments historiques qui compteront beaucoup pour la société que nous voulons pour demain.

    Xavier

  2. XY dit :

    X: So bientôt la guerre civile ??

    Y: Bah… il y a aussi la possibilité que ca se dégonfle … les pleutres vont rentrer chez eux… et il restera une poignée de casse-couilles… qu’on abattra ^^

    X: Pas sûr si ce genre de trucs était sûr, il n’y aurait jamais eu de révolution, et pas eu d’Histoire. Pour ce cas néanmoins j’ai tendance à croire qu’il n’y aura effectivement pas d’histoires parce que la revendication de départ est trop légère.

    Y: j’ai parlé de possibilité… mais la VOD est un élément anti-revolution ^^

    X: le confort n’est pas forcément si anti-révolutionnaire que ça. Ce n’est vrai que lorsque c’est la même population qui a connu le moindre et le plus de confort.

    Y: La VOD c’est le confort et l’éclatement des audiences… redoutable cocktail ^^

    X: … mais les jeunes qui naissent avec, cela les impacte peu. La perception subjective du bien-être seule compte. Moi je crois que c’est juste le sentiment d’injustice cumulé à l’impression que les choses pourraient être mieux qui facilitent l’émergence de revendications extremes. Et tout ça c’est assez subjectif. Comme la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion ne sont pas indépendantes et que cela pese émotionnellement sur les consciences because cela paraît esthétiquement et historiquement légèrement strange. Ben il y aura des mouvements récurrents, des mini-révoltes ou des grosses rébellions. Mais je pense que dans 100 ans, 200 ans tôt ou tard, ces iles voudront s’émanciper…

    Y: La perception subjective tout court, seule, compte… les DOM « profitent » juste d’un boost de singularité … et revendique un rattrapage subjectif avec le reste de la communauté Francaise… c’est du ouin ouin opportuniste.

    X: …soit parce qu’elles seront développées et qu’elles seront alors libres de le faire, soit parce qu’elles seront tellement sous-développées X: qu’elles seront aussi libres de le faire.

    X : La revendication n’est pas le moteur le plus fort du mvt, elle en est la source mais pas la raison. Ce qui donne sa force à la colère, c’est tjrs la même histoire: les békés vs les locaux, la dépendance au blanc, … Ca n’a jamais changé et cela ne changera jamais. Sauf le jour où cela se réglera logiquement. Je crois qu’il y a une sorte de logique historique

    Y: Bah… je crois plutot que la revendication / avidité est au coeur du truc… la colere post-esclavagiste est juste un argument pour obtenir … un simulacre de réparation

    X: C’est parce que tu n’as jamais vraiment été noir.  C’est un simple fait. Nous sommes ts deux antillais, mais toi du côté « blanc »

    Y: yep… d’où le fait que j’ai pu observé froidement »

    X : Ce n’est pas une question de froideur, c’est une question de savoir. Le savoir de ce que tu es. La colère post-esclavagiste est la raison de la situation antillaise. La Guadeloupe devrait être une région tres pauvre. Au contraire il y a des sous, parce que l’Etat a soutenu artificiellement les salaires des fonctionnaires. Ce soutien est un véritable suicide économique, mais il est causé entre autres par la culpabilité des colons. Dans le même temps…

    Y: La Guadeloupe devrait etre une ile peuplée d’amérindiens ^^ …

    X: … la croissance est impossible. C’est une combinaison qui ne peut qu’exploser un jour ou l’autre. Où l’on ramène l’ile à son niveau effectif de développement et ça pétera. Où on l’entretient encore plus et plus jusqu’à ce que ses prétentions deviennent vraiment déraisonnables et on retourne au point 1.

    Y: Je crois plutôt que le soutien au salaires des fonctionnaires est comme une souricière de l’histoire… d’abord l’effort d’attirer du blanc pour républicaniser l’ile… puis extension républicaine à tous les fonctionnaires iliens qui font « apres tout » le même taf… ensuite : Impossible de défaire… alors on endure.

    X: Mais tout cela découle directement du problème esclavagiste. Les salaires des fonctionnaires ne sont qu’une forme du soutien économique artificiel dont l’ile bénéficie : les allocations, les allègements d’impots, la proportion de Rmistes en sont d’autres

    Y: du FAIT esclavagiste… En fait, on en revient toujours à savoir si une histoire commence avec son propre jour de naissance ou le jour de naissance de ses parents.

    X : Pour moi les choses sont simples, le reve de tt antillais est une ile prospere et indépendante. La Raison lui enseigne que ce n’est pas possible, aléatoire…. et le rêve l’emporte toujours sur la raison

    Y: Tout ca, c’est la République qui a cru qu’elle pouvait administrer l’égalité de « traitement » (au sens humain) meme sur des territoires à 8000 km …

    X: C’est moins la superficie que la distance. L’insularité c’est un pbm. Plus la différence raciale => méfiance. Cette méfiance ne disparaitra jamais. Je crois même qu’elle ne diminue pas, elle ne fait que dormir en attendant son heure. Je ne sais même pas si un pdt antillais changerait vraiment la donne. La méfiance ce n’est pas le rejet, mais ça le devient très vite. D’une façon plus générale il n’y a que les blancs pour croire que le pbm de l’esclavage est réglé

    Y: L’insuralité n’est qu’un cout… qui presentent aussi ses revenus… presque neutre … La mefiance… c’est parce que toute différence offre les prises communautaire d’une sacrifiabilité… La France est blanche… comme le Christ… or tout écart, represente de la sacrifiabilité…

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    A suivre

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